Afrique subsaharienne : la croissance rebondit à 4,5 %, la BEAC assouplit sa politique monétaire
Portée par une stabilisation macroéconomique, l'Afrique subsaharienne s'oriente vers sa meilleure croissance depuis dix ans. En Afrique centrale, la banque centrale a commencé à abaisser ses taux.

Illustration — Économie · Novakou24
L'économie de l'Afrique subsaharienne retrouve des couleurs. D'après les Perspectives économiques régionales publiées par le Fonds monétaire international (FMI), la croissance de la région devrait avoisiner 4,5 % en 2026, un niveau inédit depuis une décennie. Un rebond qui récompense les efforts de stabilisation menés par de nombreux États après des années difficiles.
Une banque centrale qui desserre l'étau
Signe de ce climat plus favorable, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a abaissé son principal taux directeur. Selon la Direction générale du Trésor français, le taux d'intérêt des appels d'offres (TIAO) a été ramené à 4,50 %, la banque centrale invoquant une amélioration des équilibres macroéconomiques de la sous-région. Une politique monétaire plus souple vise à soutenir le crédit et l'investissement.
Des chantiers concrets
Sur le terrain, plusieurs projets illustrent cette dynamique. Au Cameroun, une levée de 60 milliards de francs CFA a été engagée pour le secteur de l'électricité, tandis que démarrait une nouvelle phase du hub logistique de Kribi. Autant d'initiatives destinées à renforcer les infrastructures, socle indispensable d'une croissance durable.
Des vents contraires persistants
Le tableau n'est pas exempt de risques. La guerre au Moyen-Orient a assombri les perspectives mondiales, provoquant une hausse des cours du pétrole, du gaz, des engrais et des coûts du transport maritime. Pour les pays importateurs d'énergie et de denrées, la facture s'alourdit, avec un effet direct sur l'inflation et le pouvoir d'achat des ménages.
À cela s'ajoutent le poids de la dette, qui menace plusieurs États, et un calendrier électoral chargé : une dizaine de scrutins à enjeux élevés sont attendus sur le continent, avec leur lot d'incertitudes.
Une génération qui pousse au changement
Au-delà des chiffres, une nouvelle génération impose ses exigences aux élites, réclamant davantage de transparence, d'emplois et de résultats concrets. La capacité des dirigeants à transformer le rebond de la croissance en amélioration tangible des conditions de vie constituera le véritable test des mois à venir.
Sources : FMI (Perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne), Direction générale du Trésor (brèves économiques d'Afrique centrale).
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